la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
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la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 27 Fév - 11:32
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Je remonte la fermeture de mon froc rapidement, en vérifiant ma gueule dans le miroir. J'essaie de découvrir la vie nocturne de Sarajevo, mais je dois avouer que je ne m'attendait pas à ce que ce soit aussi difficile de s'intégrer. D'habitude, l'anglais permet toujours de se débrouiller à l'étranger, mais ici, ça n'est pas vraiment ça, alors j'essaie de faire avec, et je baragouines quelques mots de la langue locale, avec grand peine de prononciation. Entre les innombrables voyelles du maori et le nombre impressionnant de consonnes dans celle-ci, c'est un monde tout entier.
Je me lave les mains rapidement, profite pour rafraîchir un peu mon visage de quelques goûtes d'eau et retourne vers la salle du bar.
Je me donne encore une dizaine de minutes pour réussir à nouer une conversation et sinon je me casse. Je crois qu'il n'y a rien de plus déprimant que de traîner seul dans un bar. En plus, ça n'a jamais été dans ma nature.
Mais ici, j'y arrive pas.

Je retourne vers le comptoir du bar, et commande un rhum arrangé. J'ai au moins trouvé un établissement qui en sert dans le coin. Lorsque je me retourne, mon verre à la main, j'ai l'impression de voir un fantôme.
J'ai l'impression que le temps s'arrête.
Qu'est-ce qu'elle fout là?
Est-ce que je me sens seul au point d'imaginer qu'elle soit revenue? Qu'elle est enfin là pour me parler? Que je vais pouvoir comprendre? Savoir? Essayer de m'excuser pour les erreurs que j'ai dû faire pour qu'on en arrive là.
J'ouvre la bouche, mais il me semble brutalement avoir perdu la voix. - Bonsoir Lieven. Tout est bruyant autour de nous, mais j'ai l'impression de ne plus rien entendre du tout.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 27 Fév - 14:00
Lieven Moltzer
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Boire seule dans les bars, c'est complètement dans ma nature. C'est encore le meilleur moyen de rencontrer du monde, généralement de boire à l’œil aussi parce qu'en voyant une femme seule au comptoir, les hommes offrent très facilement à boire. C'est aussi le meilleur moyen de ne pas être déçue, si on attend après les autres, on ne fait jamais rien. Je devais sortir ce soir avec une nana de l'association pour laquelle je bosse, elle a annulé à la dernière minutes... Et puisque j'étais déjà prête, j'ai décidé d'y aller quand même.

Installée au comptoir, les talons de mes bottes coincés dans la barre en bois du tabouret haut, mes jambes gainées dans un jean noir croisées l'une sur l'autre, je descends lentement mais sûrement la bière qu'on m'a servie. Note pour moi-même : la bière, c'est pas leur spécialité dans les Balkans. D'où le fait que je la boive lentement. J'aurais du bêtement commander une vodka, au moins je n'aurais pas été déçue.

J'hésite presque à la renvoyer pour avoir autre chose lorsqu'une voix Ô combien familière m'interpelle. Je pivote légèrement, déjà entendre mon prénom dans cette ville c'est pas vraiment une chose à laquelle je m'attendais, et hausse un sourcil à la vue du Maori. Le temps se fige, mon ventre se tord sans que j'en montre rien. Rauera ? La surprise s'entend dans ma voix, il est la dernière personne que je m'attendais à voir ici.


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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 27 Fév - 14:18
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Pendant une seconde, j'ai l'impression que mes jambes ont été coulées dans le béton. J'arrive pas à m'avancer vers elle, et j'arrive pas à parler non plus. Je ne m'attendais pas à la revoir, encore moins dans un bar choisi au hasard parmi les rues de Sarejevo. Oh j'en ai eu envie de la revoir. Mais on peut pas retrouver quelqu'un qui fait le choix de disparaître, encore moins quand on ignore même jusqu'au pays dans lequel cette personne peut se trouver.
J'ai le ventre noué. Si elle est seule, ici, c'est sans doute la preuve tangible que non. Je ne suis pas père.
Je m'en étais douté, je m'en suis même convaincu pour garder la tête hors de l'eau, Nina en a été la première témoin. Mais cette réalité devient vraiment concrète, là, maintenant. Et j'ai besoin d'avaler ce verre de rhum plus que jamais.

Je finis par réussir à bouger, je m'approche, tire un tabouret sans la quitter des yeux, comme si je m'attendais à la voir disparaître d'une seconde à l'autre. Je n'arrive pas à croire qu'elle soit là. 
Mais pourtant Lieven, sa crinière flamboyante et ses yeux à tomber sont là, sous mes yeux. Comme si elle avait enfin passé la porte de l'appartement, comme je l'ai espéré chaque soir au début. - C'est moi oui. Je confirme, comme un con. Ma main passe dans ma nuque. Je respire doucement, avale une gorgée d'alcool: - Si j'avais pensé te trouver ici... Tu... Alors c'est... Excuse moi. C'est tellement soudain. J'arrive pas à organiser mes pensées.
J'ai le coeur qui s'affole sous la surprise, j'ai une avalanche de question dans la tête, et j'ai le ventre douloureusement noué.
C'est compliqué.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 27 Fév - 14:40
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Son malaise évident me surprend, je ne m'attendais pas à une telle réaction de sa part. En réalité je m'attendais à des cris, à des coups peut-être, mais quoiqu'il en soit à beaucoup de bruit, de drames aussi. Or il est là, on dirait un môme tant il ne sait pas quoi faire de lui-même, peinant à formuler des phrases sensées. Je secoue la tête à ses excuses, sur ce coup-là je suis lucide, la seule fautive c'est moi. Je sais au fond de moi qu'il méritait des explications, ne serait-ce qu'un mot pour ne pas qu'il s'imagine le pire... Puisque le pire est arrivé, de toute façon. Mais je n'ai pas eu ce courage-là, et de façon très égoïste, je me suis enfermée dans ma douleur, que je ne voulais partager avec personne. Pas même lui.

Moi non plus, je ne pensais pas te trouver ici... Qu'est-ce que tu fais à Sarajevo...? Tu as... Tu as quitté New-York depuis longtemps ? Je peine à croire qu'il ne soit là qu'en vacances, les visites touristiques sont plutôt rares... Pourtant il y a des tas de touristes à Sarajevo, mais je ne crois pas que ce soit le genre de pays qui fasse rêver le maori. Il n'y fait pas assez chaud, la mer est bien trop loin aussi, le soleil ne brille pas assez haut.


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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 27 Fév - 14:50
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Je n'ai jamais imaginé que je réagirais comme ça en la voyant. Peut-être que j'ai passé tellement de temps à penser à tout ça que la colère s'est envolée. J'ai envie de lui hurler qu'elle avait pas le droit de faire ça, mais ça ne sort pas. Je suis juste bouleversé, et ça n'est pas une sensation à laquelle je suis acoûtumé. Généralement, c'est moi qui gère les gens dans mon état. Pas l'inverse.


La dernière fois que je l'ai vu, allongée dans le lit de l'appartement, avant que je parte bosser, son ventre était délicieusement rond. Mon coeur se serre douloureusement et j'avale une nouvelle rasade d'alcool, heureux que les gens autour de nous ne maîtrisent pas assez l'anglais pour nous comprendre: - Je suis venu une première fois y'a quelques mois... J'ai dû retourner à New York règlé des affaires, mais je suis de retour depuis deux semaines. J'suis venu pour boulot. Et pour changer de vie.
Effacer le poid insurmontable de l'appartement dans lequel j'avais projeté trop de choses. Je passe une main sur mon front pour me mettre les idées au clair: - Et toi? J'ai essayé de te joindre tu sais. J'ai même été jusqu'à ramper devant Niilo en essayant d'avoir un moyen de la contacter. Un sourire amusé effleure mes lèvres: - Mais t'es meilleure pour disparaître qu'en surf. Je t'offre un verre? J'ai un million de choses à lui dire.
Et un million de trucs à rattraper.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Jeu 28 Fév - 11:32
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​J'ai du mal à y croire tant c'est surréaliste. Je suis ici pour le boulot aussi d'une certaine façon, mais pas uniquement, loin de là. Et le retrouver dans cette ville, si loin de New-York, c'est quand même assez dingue quand on sait que j'ai passé tant de mois à vouloir disparaître. Alors tu vis ici maintenant ? Tu bosses dans quoi...? J'ai du mal à imaginer qu'il est simplement devenu flic à Sarajevo, en fait je ne suis même pas sûre que ce soit possible sans avoir la nationalité, je doute qu'ils embauchent des étrangers pour ce genre de taf. Je me demande ce qu'il est devenu, ce que j'ai loupé de sa vie, pour qu'il se trouve ici aujourd'hui c'est qu'elle a tout de même pris un sacré tournant.

​Je fronce les sourcils. Oui, je sais... Et si je ne l'avais pas su, je l'aurais aisément imaginé. Bien-sûr qu'il a essayé de me joindre, qui ne l'aurait pas fait dans son cas ? J'acquiesce, repoussant la bière que je peine de toute façon à boire. Je veux bien, oui. Moi aussi, j'ai des choses à lui dire. Des choses dont je ne veux pas parler, qui font mal encore aujourd'hui mais qu'il a le droit de savoir. Depuis le temps j'ai fait mon deuil de ce bébé, et je vais bien aujourd'hui. Lui n'a jamais eu cette chance, parce que je ne lui en ai pas laissé l'occasion. Comment guérir sans savoir ? Pourtant je ne sais pas de quelle façon aborder le sujet, alors je fais encore ce que je sais faire le mieux : foncer dans le tas. J'ai perdu le bébé. J'ai fait une fausse couche.


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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Jeu 28 Fév - 12:42
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Je hoche la tête. Vivre ici est sans doute un grand mot parce que je suis encore en train de chercher un logement fixe, et que je squatte avec Legence en attendant de trouver quelque chose de plus sérieux, mais je ne compte pas repartir. - Je suis en train de m'installer oui. Je suis garde du corps. J'ai deux employeurs pour l'instant. C'est surtout du boulot de soirée, mais ça me change pas tant des rondes dans le Bronx. Je précise avec un petit sourire, parce que je me souviens de ce jour où elle a atterri dans le commissariat et où j'ai dû lui faire un interrogatoire assez peu... conventionnel. En apparaissant ici, Lieven est fidèle à elle-même en tout cas, elle est surprenante.

Je ne sais pas si je dois m'excuser de ne pas avoir réussi à la retrouver, ou si je dois m'excuser de pas avoir su lui donner une raison suffisante de rester ici. Je fais signe au barmaid de s'approcher pour prendre notre commande. Je commande une vodka, parce que de toute façon, va me falloir quelque chose de fort pour réaliser ce qui est en train de se passer. - Prends c'que tu veux. Mais je dois avouer que l'alcool est pas leur spécialité. Je roule des yeux. A part la vodka et les alcools d'import, tout à le goût de pisse à mes yeux.
Elle reprend la parole et je crois que je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie. Même quand j'ai perdu Heiani. Même quand j'ai retrouvé l'appartement vide. J'ouvre la bouche, mais rien ne sort. Mes yeux deviennent humide et je me bouffe les lèvres pour retenir la vague d'émotion qui me traverse. Je savais, je m'y étais résolu, je m'y étais préparé. Lieven ne m'aurait pas privé de cet enfant, on l'avait souvent évoqué, on s'était toujours dit que si ça venait à foirer entre nous, on resterait les parents de ce bébé. Qui n'existera jamais. D'une main un peu tremblante je sors un cigarillo, bénissant la legislation qui me permet de fumer ici. Ce jour là, j'ai perdu Lieven, et le bébé. J'étais naïf de croire que je pourrais les retrouver ensemble un jour. Mais j'ai l'impression qu'on a passé mon coeur au mixeur. - Je serais resté. J'aurais été là. J'ai... Je souffle. Tout se mélange dans ma tête. - J'vous ai cherché. J'ai cru... J'ai cru que t'étais parti l'élever toute seule... Oui, je trouvais ça con, mais j'y ai cru parce que c'était plus facile. - J'ai cru que t'étais pas heureuse avec moi et que... J'ai la tête qui tourne putain. - J'suis désolé de pas avoir été là. Quand c'est arrivé. Oui, je suis désolé. Ca n'aurait rien changé, mais elle n'aurait pas été seule. Nous n'aurions pas été seuls.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Jeu 28 Fév - 19:22
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Je trouve qu'il y a quand même une grande différence entre être flic dans le Bronx, et être garde du corps à Sarajevo. Notamment en termes de personnes pour lesquelles on travaille, en fait. Mais ça ne me regarde pas, et je ne porte aucun jugement de valeur là-dessus, Rauera est bien assez grand pour faire ce qu'il veut de sa vie. D'autant plus que je n'en fais plus partie.

J'vais prendre une vodka, je crois que c'est une valeur sûre ici. Je ne dirais pas que l'alcool n'est pas leur spécialité, d'une part parce qu'on risquerait de se faire lapider pour ça, ensuite parce que c'est faux. Seulement, ils ont clairement un domaine de prédilection, à savoir la vodka, et de façon plus générale les alcools clairement forts. Et ça tombe bien, je crois que c'est exactement ce dont j'ai besoin pour affronter la conversation à venir.

Je ne m'attendais pas à lire une telle déception, une telle douleur dans son regard à mon aveu. Très honnêtement, je pensais qu'il s'en doutait, qu'il l'aurait deviné... Autrement, je crois qu'il aurait cherché à me retrouver avec bien plus de ferveur, s'il avait cru que j'étais partie avec son enfant. Je secoue la tête. Je voulais pas que tu sois là... Ni toi, ni personne... J'avais besoin d'être seule. Ca peut paraître difficile à comprendre pour certaines personnes mais c'est quelque chose que j'avais besoin de digérer à ma manière, et je ne suis pas vraiment du genre à pleurer sur l'épaule des autres. Je suis désolée, j'aurais du te le dire... J'en avais juste pas la force sur le moment. Et ça aussi, je sais que c'est difficile à comprendre, parce que je n'avais pas le droit de faire ça. Je ne sais pas quoi répondre quand il dit que je n'étais pas heureuse avec lui, ce n'est pas comme si on était un couple... Il n'était jamais là, très souvent chez des amants d'ailleurs, et je n'envisageais pas vraiment de mariage ou ce genre de conneries. On avait prévu d'élever cet enfant ensemble, mais pour ce qui est de notre relation... Elle était quand même assez particulière.


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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 6 Mar - 16:43
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Je sais pas bien ce qui aurait changé si j'avais été là quand c'est arrivé. Je n'aurais pas pu l'enchaîner à moi, je n'ai jamais été ce genre de type. Mais je suppose que j'aurais mieux compris, parce qu'elle aurait pu me demander d'être seule, parce que j'aurais respecté ce besoin, tout en sachant ce qui s'était vraiment passé. A vrai dire, c'est ça qui m'a fait tourné dingue pendant tout ce temps, c'est de ne pas savoir. Même si je ne reprocherais pas à Lieven d'avoir géré ça comme elle avait besoin de le faire.
J'imagine le déchirement que ça a été pour elle. Ca en a été un terrible pour moi, alors même que je ne le sentais pas encore bougé.

En toute honnêteté, je me suis douté de cette vérité, et je l'ai énoncé à voix haute, souvent. Mais dans sa bouche, ça prend un autre sens. Sans doute parce que c'est elle qui était là ce jour là, et qu'elle est la seule à pouvoir confirmer que tout ça était bien réelle. Que non, elle n'était pas juste partie avec notre enfant sous le bras. Je ne sais même pas si ça aurait été plus facile. - Je comprends. J'aurais juste préféré ... Que tu me le dises. Je te le reproche pas. Mais je t'aurais laissé prendre le temps d'être seule Liv. Tu me connais. Je soupire. Mais elle a fait au mieux, et je ne l'accable pas.
Loin de là.
- C'est rien. C'est comme ça. T'as fait au mieux. Je suis étonné d'être aussi apaisé à dire ça, mais je ne lui en veux pas. Je ne lui en veux plus maintenant qu'elle est là, et qu'elle m'a dit les choses.

J'inspire profondèment, avale un peu de vodka et je reprends, en montant mes yeux dans les siens: - J'ai pas été correct avec toi. C'est vrai que cette grossesse ça a... ça a tout précipité entre nous. On était pas ensemble, mais c'était ... Enfin, j'vais pas te l'apprendre, t'étais là aussi. Je soupire: - Ca m'effrayait qu'on se retrouve à vivre tout les deux... J'ai pas géré. Je détourne les yeux, un peu timidement. - Moi aussi, j'ai compris des trucs pendant cette année.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Dim 10 Mar - 15:45
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Ouais, j'sais. Bien-sûr qu'il aurait préféré. Mais j'ai réagi de façon purement égoïste et même si je regrette de l'avoir blessé, je crois que c'est juste ce dont j'avais besoin à ce moment-là. En fait j'avais surtout la trouille qu'il ne comprenne pas mon besoin de solitude. Rauera a cette fâcheuse tendance à toujours vouloir sauver tout le monde, sans penser à se sauver lui-même d'abord d'ailleurs, et au vu de la situation... Je n'étais vraiment pas sûre qu'il accepte le fait que je n'avais pas besoin, et surtout pas envie qu'on me sauve. Je n'avais pas envie qu'on s'inquiète pour moi, qu'on veuille prendre soin de moi ou m'aider à faire mon deuil à tout prix. Non, j'avais juste besoin d'être seule et de vivre ce que j'ai vécu sans qu'on soit sur mon dos. C'est sans doute dégueulasse de son point de vue, mais du mien c'était juste vital.

Je secoue la tête tandis qu'on nous apporte nos boissons et hausse les épaules. Dis pas ça, on s'devait rien, toi et moi. Il avait pas à être correct, à s'enchaîner à moi ou que sais-je. Il a juste continué de vivre sa vie comme il était supposé le faire, et moi j'ai vécu la mienne beaucoup moins parce qu'un têtard poussait dans mon bide. T'as compris quoi ? T'as fait quoi, d'ailleurs ? Je ne parle pas que de son taf, je parle de tout le reste. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, comment il s'est reconstruit après mon départ.


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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Jeu 14 Mar - 14:45
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C'est bizarre comme on peut parfois avoir l'impression de reprendre sa vie là où on l'a laissé. C'est même pire que ça. En fait, ce qu'elle vient de me dire me donne l'impression que ces dernières années n'ont servi à rien, que je suis à nouveau dans le Bronx, que je viens de rentrer du boulot et que la fille qui porte mon gamin vient de le perdre. Quelqu'un a enfin relâché le bouton pause et je sais pas encore quoi penser de tout ça, je dois bien l'avouer.
Ca va sûrement venir avec le temps, c'est juste qu'il faut que je m'y fasse. Et puis, c'est aussi renforcé par ce nouveau pays où j'ai pas encore mes repères. Tout va revenir, il faut juste être patient: pas de bol, je dois bien avouer que ça n'est pas mon fort.

- C'est pas une raison. On était pas ensemble, mais j'aimais bien rentrer le soir et que tu sois là. C'est pas ne pas être ensemble ça, c'est juste pas savoir où on en est. On s'devait rien, ça veut pas dire que j'aurais pas dû faire autrement. Je hausse les épaules.
J'étais bien avec Lieven, et pendant quelques temps, j'ai vraiment cru qu'on réussirait à faire quelque chose de nous deux. On le saura jamais maintenant. Je sais pas encore ce que ça me fait. C'était plus simple tant qu'elle était portée disparue. - Ohla. J'ai aidé une copine dont le mari l'a planté. Elle avait avorté d'un bébé, parce qu'il en voulait pas, et... et il s'est barré après. Ca devait être la saison des disparitions en série dans le Bronx hein. - J'me suis occupée d'elle, elle allait pas bien, elle prenait des prod"... Et puis ben... Un jour elle était plus chez elle. Je marque une pause et soupire: - J'ai appris qu'elle était à Sarajevo pour le taf, mais ... disons qu'elle a retrouvé son ex et qu'elle y est restée. Un truc fait un raté dans mon poitrine et je hausse les épaules: - A croire que faut vraiment que j'arrête d'approcher les meufs. Ca les fait disparaître après.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Jeu 14 Mar - 15:26
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​Je ne suis pas douée pour exprimer mes sentiments -quel doux euphémisme- mais je n'ai quand même pas envie qu'il s'imagine que j'en avais rien à cirer de lui. Ce n'est pas le cas, et ça ne l'a jamais été. Si ç'avait été un autre que lui, je n'aurais peut-être pas envisagé de garder cet enfant... Ou plutôt, je l'aurais gardé, mais je me serais barrée avec, je n'aurais pas pensé à l'élever avec un homme qui m'indiffère. Pour autant, je ne considère pas qu'on était ensemble, avant que je tombe enceinte, on n'avait rien d'un couple lui et moi, en-dehors du sexe. Et ce qui est arrivé après... Et bien je n'arrive pas à savoir ce que ça vaut, puisque je mets tout sur le compte du bébé que je portais. Moi aussi, j'aimais bien être avec toi. Vivre avec lui était plus facile, plus agréable que ce à quoi je m'attendais, moins effrayant aussi. Sa compagnie était douce, et même si on n'était pas toujours d'accord, même si je ne savais pas ce qu'on foutait... Il m'a manqué quand je suis partie.

Il me raconte son année, et le fait que son amie soit la première personne qui lui vienne à l'esprit montre assez bien l'importance qu'elle a eu dans sa vie. En fait il semble ne résumer les derniers mois qu'à cette fille-là. Oh je n'en ressens pas de jalousie, juste une certaine tristesse pour lui puisqu'elle est partie aussi. Dis pas ça, c'est pas à cause de toi que j'suis partie. Disons qu'il faut surtout que t'arrêtes d'approcher les mauvaises meufs. J'ai un sourire amusé, je secoue légèrement la tête. C'est pour la retrouver que t'es venu alors ?

Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Dim 17 Mar - 9:29
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​Je me suis souvent demander ce qu’on serait devenue si elle était restée. Des parents sans doute, parce qu’elle ne serait pas partie si le bébé avait été là, et puis, sans doute aussi, quelque chose d’autre. J’en suis convaincue. On aurait peut être pas été un couple ordinaire, ni traditionnel mais ça aurait pu être quelque chose quand même. Nous ne saurons jamais.
Je sais que l’envie d’elle ne sera jamais loin: Lieven est une femme superbe qui a fait naître trop de sensations dans mon corps pour que je puisse l’oublier aussi facilement. Il y a des réactions trop profondément enfouies sous ma peau. Mais je sais pas si je saurais oublier qu’elle m’a planté, avec un affreux vide dans le cœur.

Je hausse les épaules avec un sourire doux, teinté d’amusement et de bienveillance: - T’étais pas une mauvaise meuf il me semble. Elle est probablement la meilleure fille à laquelle tu t’es attaché. Soucieux de ne pas garder de sérieux trop longtemps, tu te penches à son oreille pour souffler, avec un amusement très perceptible: - Et entre nous, t’étais aussi la meilleure au lit. Je ne mens pas. J’ai eu des amants qui m’ont rendu fou. Mais les femmes qui ont réussi ce tour de force se comptent sur les doigts d’une main. La première s’appelle Deirdre et s’est mariée avec une femme. La seconde s’appelle Lieven, et je me souviens encore de la façon dont ses yeux roulent quand elle jouit. - La première fois oui. Et puis parce que Legence avait du boulot pour moi. Mais je suis pas revenu pour elle. J’ai besoin de tourner la page sur ma vie dans le Bronx. Et toi… t’es la pour longtemps? Ou est ce que tu vas disparaître encore?
Je souris doucement, commande une nouvelle vodka.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Dim 24 Mar - 8:33
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Je dodeline de la tête sans répondre, je n'ai pas besoin de le formuler pour qu'il sache ce à quoi je pense. Je ne suis pas vraiment ce que les bourgeoises appelleraient une nana fréquentable, encore que dans le Bronx en comparaison de certains, je me tenais plutôt tranquille.

Sa remarque sur le sexe m'arrache un rire tandis que je secoue la tête. Ouais, y avait tellement peu de meufs dans ton pieu que ça, c'est pas compliqué. En même temps si on va par là, il y avait également peu de mecs dans mon pieu. En fait à cette époque-là il était même le seul mec dans mon pieu. C'est peut-être un tort mais je prends ça comme une plaisanterie plutôt que comme une déclaration sérieuse, ce qui fait que je passe rapidement à autre chose.

Son histoire avec cette fille a l'air compliquée, mais ça semble être le propre de nos relations sentimentales à tous les deux alors qui suis-je pour juger ? [b]Je sais pas trop, j'suis là pour une mission humanitaire à la base, comme c'est pas tous les jours j'fais des tafs à droite à gauche entre deux, mais à priori j'suis pas partie pour rester à vie non plus.[/color] Après avec moi tout est possible, d'autant que le Bronx s'est vidé des personnes que j'y appréciais ces dernières années et qu'il y a de moins en moins de choses qui me retiennent là-bas.


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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Dim 24 Mar - 23:04
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Je hausse les épaules, et remontent les yeux vers les siens, sans la laisser échapper à mon regard cette fois: - Pourquoi ça semble te sembler aussi inconcevable que je puisse te faire un compliment? Je demande, de but en blanc. Ca n'a pas juste à voir avec le sexe. Elle a raison, à cette époque là, je couchais surtout avec des mecs, ce qui n'empêche que je n'aurais pas balancé ça à n'importe qui. Ce qui n'empêche que quand je dis qu'elle était pas une mauvaise meuf, je le pense aussi.
Faut croire que j'ai dû être un sacré mauvais colocataires, amant, futur père, pour qu'elle puisse pas croire une seule seconde que ce soit sincère.

Je l'écoute m'expliquer ce qu'elle vient faire là, et j'esquisse un sourire en l'entendant reprendre: - Tu fais de l'humanitaire? C'est tellement cool. Enfin, ça m'surprend pas. Paradoxalement, derrière ses airs égoïstes, Lieven a toujours fait attention aux autres. Énormément. Je passe une main dans mes cheveux pour passer la nervosité qui s'évanouie paisiblement dans mes veines parce que je vois que tout à l'air de se passer correctement entre nous.

Je finis mon verre, cul sec, et j'inspire à fond avant de la regarder de nouveau dans les yeux, le visage illuminé d'un sourire qui se meut en rire: - Ca nous r'semble pas vraiment de se poser comme ça en se racontant nos vies hein? J'ai r'péré un building en haut du quel j'ai envie de grimper. Tu viens avec moi ? On va pas rester à s'faire chier dans un bar comme ça, si? Un sourire provocateur, l'envie de retrouver l'insouciance des débuts.
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
Mer 27 Mar - 17:15
Lieven Moltzer
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Je cligne des yeux, surprise par sa question qui est fort à propos pourtant, mais qu'on a sans doute jamais vraiment osé me poser. J'ai pas tellement l'habitude qu'on m'en fasse. Ce n'est pas tellement à cause de lui que je ne le prends pas au sérieux, c'est surtout que je ne suis pas vraiment le genre de nana qu'on regarde dans le blanc des yeux en lui disant qu'elle est merveilleuse. Allez pas croire que ça me manque, juste c'est pas comme ça que les choses se passent. Je crois que les gens osent pas, majoritairement, peut-être que je suis trop agressive, que j'ai pas l'air suffisamment accessible, j'en sais rien. Mais les compliments, c'est plus souvent moi qui les fais aux nanas que j'attire dans mes draps que l'inverse. J'ai pas vraiment été élevée à coups de tendresse et de mots doux, de toute façon.

Je hoche la tête. Humm, lutte pour les droits des femmes, tout ça. J'ai toujours été une féministe engagée et je ne m'en suis jamais cachée, mais ce n'était pas vraiment considéré comme de l'humanitaire tant que c'était aux USA. Là, il s'agit de venir en aide à des femmes démunies, ici, du coup j'imagine que ça change de catégorie. Y a des tas d'autres causes qui me touchent, qui m'émeuvent, mais je n'ai pas le temps de toutes les défendre, et d'autres le font bien mieux que moi.

Sa proposition me fait sourire et, sans l'ombre d'une hésitation, j'accepte en hochant la tête. Ouais, t'as raison, comme au bon vieux temps, mh ? J'te suis. Je vide mon verre exactement comme il a vidé le sien, et je me lève pour l'accompagner hors du bar, étonnamment impatiente à l'idée de sortir. Et de le faire avec lui, surtout.

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• lilie
Re: la nuit je m'en moque, le jour l'en suffoque ♦ Lieven
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