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LIBRE - Aux heures creuses

Anonymous
InvitéInvité
Profil Académie Waverly
LIBRE - Aux heures creuses EmptyLun 1 Avr - 22:52
Rien n'était certain de se dérouler comme prévu. Peut-être personne ne finira par venir, m'avait briefé Drago. Ces gens sont craintifs, ils n'apparaissent que s'ils sont assurés de repartir avec un avantage de leur rendez-vous. Quel avantage ? Que contenait cette enveloppe que je devais remettre à ce fameux contact qui m'accosterait et me parlerait de la saison des fleurs de lys ? Il n'y avait que si l'individu en question abordait ce sujet que j'étais censée lui confier ce que je pouvais identifier comme étant une clé USB en la palpant depuis l'autre face du papier. Un bien si précieux, probablement des informations compromettantes pour un des camps d'activistes opérant sur la région. Et c'est à moi, l'inexpérimentée femme transformée en médiatrice sur le terrain, qu'avait été confiée cette tâche. Le risque était grand que je sois dépassée par les événements et que je trahisse une angoisse palpable. Mais à mon plus grand étonnement, franchir les portes du complexe hôtelier me semblait si anodin, si aisé en apparence.

Je me sentais tellement plus en sécurité une fois à l'intérieur, comparé au chemin que j'avais fait depuis le cabinet pour y parvenir. Bien plus nerveuse j'étais sur quelques centaines de mètres, alors que là je suis bien. Est-ce la connaissance d'un spa et d'une piscine à proximité ? Tu fais attention à toi ; s'il y a le moindre souci tu te grattes l'oreille droite et on te sortira immédiatement de là. J'ai donc des renforts pour assurer que je ne tombe pas dans un traquenard posé au groupe. Souvent les messages forts sont inscrits grâce aux plus vulnérables parmi les opposants. Et je n'avais clairement pas le profil d'une guerrière ni d'une experte dans le domaine de l'affrontement. Je me considérais donc comme une proie très facile à manipuler. Physiquement surtout. Verbalement un peu aussi.

Je m'empêchais de faire les cent pas pour tuer l'attente, décidant de m'installer dans un fauteuil vintage du coin salon dans l'immense hall d'entrée. Cinq minutes, puis dix et rapidement vingt. Trente. Trois quarts d'heure et toujours aucune ombre à l'horizon. L'ascenseur devait avoir sonné à deux reprises durant tout ce temps, mais pour laisser défiler une famille de touristes et un homme la quarantaine qui n'avait d'yeux que pour l'écran de son téléphone portable. J'attrapais des fourmis dans les jambes, alors j'entrepris de les dégourdir en déambulant dans le couloir menant vers les escaliers des étages. Reste dans son champ de vision pour qu'il te voit à chaque instant. J'évitais de m'aventurer trop loin et repassais devant la cage de l'élévateur sans prendre conscience que ce recoin du rez-de-chaussée, ornementé d'une plante en pot massive, formait un angle mort pour celui qui veillait sur moi.